Exemple

La QVT et ses conséquences sur la fidélité de vos collaborateurs !

Le 2 Mars dernier pour le Xerfi Canal a reçu Pierre-Yves Gomez, professeur à l’EM Lyon et Président de l’Institut Français de Gouvernement des Entreprises, pour parler de la qualité de vie au travail. Mais pourquoi la remet-on aussi souvent sur le tapis, alors que les conditions de travail n’ont jamais été aussi améliorées ?

L’occasion était toute trouvée, grâce au Printemps de l’Économie 2019 sous le thème “Travail : un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout ?”

Un thème paradoxal, selon l’actualité

 

 

“Il faut comprendre ce qu’on attend réellement dans la qualité de vie au travail”

Pourquoi un tel intérêt pour la Qualité de Vie au Travail depuis plusieurs années maintenant ?

Jamais les conditions de travail n’ont été aussi bonnes. C’est véridique et vérifié ; les employeurs font de vrais efforts pour mettre en place de multiples actions. Il n’est plus rare de voir les collaborateurs jouer au billard ou au baby foot juste à côté de leur bureau. Mais la QVT ne se limite pas au matériel (et fort heureusement !). On négocie davantage les horaires de travail, qui sont plus flexibles, sans bien évidemment jouer sur la performance de l’entreprise. D’ailleurs, il a été maintes et maintes fois prouvé que l’aménagement des horaires de travail rend les collaborateurs davantage satisfaits de leur vie professionnelle et améliore leur productivité.

 

  • L’intensification du travail

Les nouvelles technologies intensifient le travail. Et ce, même si elles ont considérablement réduit la pénibilité, notamment lié au port de charges lourdes et de répétition des gestes. Effectivement, “Les Temps Modernes” de Charlie Chaplin est lointain. Les nouvelles technologies ont fait émergé une nouvelle forme de pénibilité des tâches. En effet, elles créent de nouvelles contraintes, tout aussi polluantes. Par exemple, les emails autorisent la facilité dans la communication et permettent quotidiennement d’alléger la charge de travail. Cependant, ils nécessitent et encouragent à répondre rapidement. ainsi, nous pouvons nous demander comment la technologie réduit le fossé entre vie privée et vie professionnelle. Ainsi, selon une étude IFOP menée durant l’été 2017, 78 % des collaborateurs consultent leurs mails et SMS professionnels pendant leur temps libre. 

C’est paradoxal, mais la technologie crée une amélioration et une nouvelle contrainte, liée aux nouveaux enjeux.

  • L’amélioration continue

Il y a une sorte de militantisme pour toujours faire mieux. Il ne faudrait pas considérer cela comme étant un caprice. Il est que c’est dans les moeurs de vouloir toujours améliorer les process et les façons d’organiser la vie professionnelle. Les managers et et collaborateurs ont compris qu’ils travaillent dans un même objectif. Ainsi, en offrant plus de confort et plus de possibilités à organiser sa vie au travail, le chef d’entreprise a compris que ses collaborateurs donneront plus. C’est un fonctionnement naturel fondé sur les engagements réciproques des deux parties.

  • La fidélisation des collaborateurs

Le recrutement des pépites et la fidélisation des talents devient rude. Le marché du travail se fluidifie de plus en plus, et devient presque liquide. Les futurs salariés ont le choix devant leur future entreprise. On pousse les individus à aller plus loin, à se dépasser, à bouger professionnellement. D’autant plus qu’un collaborateur changera en moyenne 4 fois d’employeur au cours de sa vie. Ça n’est pas anodin; ainsi, les entreprises se dépassent pour augmenter la préférence des individus à leur société plutôt qu’à une autre.

  • L’emploi: un marché très concurrentiel

Malgré ce qu’on peut croire, le marché de l’emploi en 2019 est très concurrentiel, très tendu. Ainsi, une véritable compétition se créé entre les entreprises. Toutes tentent d’améliorer la qualité des services qu’elles offrent aux collaborateurs qu’elle accueille.

 

Comment compenser l’intensification au travail ?

Certaines politiques des entreprises allègent la pression et rédigent une nouvelle façon de penser la QVT. C’est une réponse à l’attractivité nécessaire dans ce marché tendu.

Le professeur à l’EM Lyon et Président de l’Institut Français de Gouvernement des Entreprises indique qu’il faut être prudent sur ces questions. La démarche d’amélioration continue de la qualité de vie au travail doit être authentique et doit concerner l’intégralité absolue des collaborateurs. Les hauts potentiels ne doivent pas être privilégiés à défaut d’autres profils.

Source: latribune.fr par Adrien de Tricornot